Régime paléo : avantages et risques de manger comme un Cro-Magnon

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Le régime paléolithique, également connu sous le nom de régime de l’homme des cavernes est un régime calqué sur les habitudes alimentaires de l’homme ou plutôt notre ancêtre Homo habilis de l’âge paléolithique qui a commencé il y a environ 2,5 millions d’années !

Bien que le régime paléo semble nouveau, il a été remis au goût du jour il y a déjà plusieurs dizaines d’années. Il a été lancé autour des années 70 par le gastro-entérologue américain Walter Voegtlin avec l’idée que nos ancêtres du paléolithique pouvaient enseigner aux hommes modernes comment manger sainement.

Le régime a été popularisé par le Dr S. Boyd Eaton, un professeur d’anthropologie à l’Université Emory qui pensait que le corps humain avait été construit pour suivre un tel régime.

La théorie du régime paléo (en anglais paleo diet) est que les avancées technologiques ont trop rapidement transformer l’agriculture pour que le corps humain puisse s’adapter 1. Le régime paléo se concentre sur ce principe : ce qu’un homme des cavernes n’a pas mangé, l’homme moderne ne devrait pas non plus. Cela englobe tous les aliments transformés, tous les aliments qui ont été récoltés grâce à l’utilisation de l’élevage ou de l’agriculture :

  • Céréales : blé, riz, maïs, pâtes, pain, semoule, boulgour…
  • Légumineuses : lentilles, haricots, arachides, pois.
  • Sucres et féculents : pommes de terre, petits pois, quinoa, chocolat.
  • Huiles : tournesol, arachide, maïs, colza.
  • Tous les produits laitiers

Tous les fruits et légumes doivent être organique. Par ailleurs, le sel doit être supprimé car l’homme de cette époque ne salait pas sa nourriture.

Ça, c’est pour la belle théorie, mais cela pose problème à beaucoup de scientifiques.

Les anthropologues familiers avec le comportement de nos ancêtres paléolithiques affirment que ces premiers hommes n’avaient pas d’habitude particulièrement pour manger.

Que mangeait l’homme des cavernes ?

« Fondamentalement, ils mangeaient n’importe quoi et surtout quand ils le pouvaient donc n’importe quand », a déclaré Neal Malik, professeur adjoint à l’École des Arts et des Sciences de l’Université Bastyr.
« Ils ne suivaient pas délibérément un régime comme on l’imagine mais ils ont juste mangé tout ce qui était disponible pour assurer la survie. En fait, certains scientifiques sont allés jusqu’à dire que les premiers humains avaient un régime similaire aux porcs »

Le professeur Neal Malik a également souligné que les premiers humains étaient déjà situés tout autour du globe au cours de cette époque et qu’ils ne mangeaient donc pas tous les mêmes aliments. Certains ont mangé des haricots, d’autres ont pu manger des céréales.

Le docteur Loren Cordain , «père» du mouvement Paleo Diet moderne, affirme que ce régime peut aider à réduire les taux de maladies cardiaques, le cancer, le diabète, etc. sur la base des données qui montrent que les premiers humains ne souffraient pas de ces maladies.

Mais voici pourquoi cette affirmation est imparfaite : ces maladies ont tendance à débuter quand nous atteignons un certain âge. Les premiers humains vivaient en moyenne jusqu’à l’âge vénérable de 28 ans, il n’est pas surprenant que très peu soient morts parce qu’ils avaient les artères obstruées. N’oublions pas que nos ancêtres étaient aussi beaucoup plus actifs que nous le sommes aujourd’hui, ce qui bien évidement fait une grande différence avec les sédentaires que nous sommes.

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La véritable alimentation de l’homme de Néandertal

Une étude scientifique majeure sur l’analyse de la plaque dentaire des hommes du paléolithique, confirme que (malgré les croyances de certains gourous) les céréales, les tubercules et les fruits sucrés étaient des produits de base dans l’alimentation des premiers hommes. L’étude publiée dans le renommé journal Nature le 20 avril 2017 2 va plus loin en décrivant l’alimentation des hommes du paléo en fonction des continents.

Afrique : compte tenu de la grandeur du continent, il existait une variabilité régionale dans ce que vous auriez trouvé, déclare la paléobiologiste Amanda Henry, de la faculté d’archéologie de l’Université de Leiden aux Pays-Bas, mais les ignames sauvages, les melons et les baies ont été mangés dans presque toute la région. Les athlètes d’endurance qui essaient d’avoir une alimentation paléo devraient donc particulièrement consommer des ignames, car leurs besoins énergétiques nécessitent souvent une grande quantité de glucides pour optimiser leurs performances.

Moyen-Orient: fortement dépendant du blé sauvage, de l’orge et de l’avoine sauvage, surtout autour de la zone d’Israël. Personne ne suivait un régime à faible teneur en glucides de ce côté-là du globe, affirme Peter Ungar, professeur d’anthropologie à l’Université d’Arkansas et auteur du livre Evolution Bite: une histoire de dents, de régime et d’origines humaines.

Amérique du Sud : il y a des centaines d’années, les humains laissaient inconsciemment dans leur régime une place pour manger des aliments sucrés. Les tiges des palmiers et les fruits de palmiers étaient des mets populaires dans cette partie du monde.

Amérique du Nord : la plupart des produits mangés dans ce vaste territoire ne peuvent plus être trouvés de nos jours : une version comestible du tournesol, des graines riches en huiles provenant d’une variété de longue courge et un cousin de l’orge. Ces aliments auraient complété la viande chassée, y compris de la viande humaine 3.

Europe : les aliments disponibles dans cette région reflètent le « régime paléolithique le plus traditionnel » avec peu de céréales. Selon d’étude publiée dans le journal Nature, l’alimentation des hommes de cette région contenait aussi des champignons, des pignons de pin, des écorces d’arbres, des mousses et des graminées sauvages.

Asie : l’alimentation Paléo est traditionnellement associé à un régime à faible teneur en glucides, mais dans cette région, les gens consommaient régulièrement du millet et des ignames. Les populations festoyaient ici aussi avec des glands, des haricots, et un peu d’herbes sauvages.

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Avantages du « régime paléo »

Le premier avantage de l’alimentation paléo est d’arrêter les «mauvais» aliments. Ce régime ne permet plus de manger toutes les sucreries et les aliments transformés.

Il comprend beaucoup de fruits et légumes, ainsi que des graisses saines. Cela peut aider à diminuer la pression artérielle et aider à mieux réguler la glycémie. L’Université de Lund a constaté lors d’une étude 4 qu’un régime paléolithique a plus amélioré la tolérance au glucose qu’un régime alimentaire de type méditerranéen pour les 29 individus suivis ayant une maladie cardiaque ischémique.

Une autre étude 5, réalisée par l’Institut Karolinska à Huddinge, en Suède, a révélé que manger comme des chasseurs-cueilleurs pouvait éventuellement prévenir les maladies cardio-vasculaires.

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Risques du régime paléo

Comme beaucoup de régimes, le risque qui vient avec le régime paléo est d’avoir une alimentation déséquilibrée. Par exemple, l’alimentation paléo exige de manger une grande quantité de viande. Cela peut conduire à une consommation excessive de graisses saturées et de cholestérol. « Ceux qui suivent ce modèle d’alimentation ne tiennent pas compte des différences dans la composition en acides gras de la viande des animaux d’aujourd’hui par rapport à la composition d’il y a 100 000 ans » a déclaré Neal Malik.

« À l’époque de nos ancêtres, la composition en acides gras des animaux dans la nature était composée d’une plus grande quantité d’oméga-3 qui améliorent réellement notre santé. Toutefois, en raison de différences dans la façon dont nous nourrissons et élevons notre bétail aujourd’hui, la viande a tendance à contenir plus de graisses saturées. »

Les personnes qui mangent paléo ont aussi un manque de fibres, vitamines et minéraux qui viennent d’un régime alimentaire issu de bonnes graines et de produits laitiers. Certains éléments nutritifs sont insuffisants chez quelqu’un qui suit un régime paleo : le fer, le calcium, le zinc, l’acide folique, la thiamine, riboflavine, niacine, vitamine B12 et du phosphore.

L’Association des diététiciens au Royaume-Uni a classé le régime paléo comme l’un des cinq pires régimes de célébrité à éviter en 2015, car supprimer une aussi grande quantité d’aliments, sans une bonne substitution, peut compromettre la santé.

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