Comprendre l’obésité

obesite

Différents facteurs peuvent être à l’origine de l’obésité : l’hérédité, les dérèglements hormonaux, les problèmes psychologiques, les stress, les habitudes alimentaires, etc… Nous avons pu constater grâce à des recherches qu’une fois l’obésité installée, un obèse pouvait paradoxalement manger moins qu’un individu normo-pondéral sans maigrir pour autant.

Définition

On peut définir l’obésité comme un accumulation excessive de graisse dans l’organisme, mais les limites entre l’adiposité normale et l’obésité sont quelques peu arbitraires. Pour le corps médical, est considéré comme obèse tout individu tout individu dont la masse grasse représente plus de 20 % de la masse corporelle chez l’homme, et plus de 25 % chez la femme. On a souvent lié le problème de l’obésité à celui de la suralimentation. La solution serait alors fort simple : il suffirait de réduire la quantité d’aliments ingérés. Hélas, comme nous le savons déjà, le problème serait réglé depuis longtemps s’il existait une méthode aussi simple. De nombreuses études ont montrées qu’il existe de nombreux facteurs spécifiques, des différences génétiques et donc morphologiques. On peut citer les habitudes alimentaires, le métabolisme basal, le contrôle hypothalamique, l’image corporelle, les niveaux d’adénosine triphosphate et certains enzymes ainsi que le pourcentage de graisses brunes… tout ceci pouvant prédisposer une personne à l’obésité.

Causes

En plus du pourcentage de graisse, des chercheurs ont étudié la taille et le nombre des cellules adipeuses afin de distinguer le normal de l’anormal. En effet, l’organisme peut augmenter la quantité de tissu adipeux de deux façons : en augmentant la taille des cellules existantes : c’est l’hypertrophie adipocytaire, ou en augmentant le nombre de ces cellules : c’est l’hyperplasie adipocytaire. Toutes les études ont mis en évidence que le stockage de l’excèdent d’énergie dans les adipocytes se fait par l’hypertrophie, par hyperplasie, ou par combinaison des deux. Une étude réalisée par J. Hirsch et J. Knittle, a comparé la masse corporelle, le contenu adipeux total, la taille et le nombre des adipocytes chez des individus normaux et chez des sujets obèses 1. La masse corporelle des obèses était en moyenne plus du double de celle des sujets normaux et leur contenu adipeux représentait environ le triple. Une analyse plus poussée permit de constater que le contenu des cellules adipeuses était supérieur de 35 % chez les obèses et leur nombre trois fois plus élevé. L’élément clé serait donc le nombre des adipocytes, car même si leur taille doublait, leur dimension ne suffirait pas à expliquer une telle différence entre la masse adipeuse d’un obèse et celle d’un individu normale. On peut donner comme explication le nombre de cellules adipeuses qui est de 25 à 30 milliards chez un individu normal, de 60 à 100 milliards chez l’individu obèse et 200 milliards pour une personne souffrant d’obésité morbide.

Caractéristique

Les études sur la réduction de la masse corporelle, suite à un programme d’amincissement des obèses, ont révélé qu’il s’agissait d’une diminution de la taille des adipocytes et non de leur nombre. Ces observations tendent à prouver que les ex-obèses ne sont pas pour autant guéris de leur obésité et il semblerait bien d’après les spécialistes qu’un grand nombre de cellules adipeuses, fortement vidées de leurs réserves graisseuses, créer le cercle vicieux des perte et gains de poids successifs (effet yoyo)… comme si les cellules réduites devenaient « affamées ». On décrit ce phénomène dans cet article sur la l’hormone de la satiété.

Il semblerait également, et ceci est plutôt pessimiste pour les obèses, que les différents régimes mis en place, même s’ils sont prolongés, ne jouent pas sur le nombre des adipocytes mais uniquement sur leur taille. Différentes études menées sur des sujets normaux sans passé personnel ou familial d’obésité ont révélé que la suralimentation volontaire entraînait effectivement une prise de poids, mais qu’il s’agissait essentiellement dans ces cas d’hypertrophie plutôt que d’une hyperplasie . En effet, lorsque les sujets retrouvaient leur masse corporelle originelle, leur taux de graisse chutait et les adipocytes reprenaient leur taille normale.

L’obésité au cours de la croissance

Différentes recherches ont porté sur l’évolution du tissu adipeux au cours de la croissance. Le rat a souvent été choisi, car ce mammifère a une durée de vie relativement courte et il est possible de le soumettre à différents régimes. On a découvert par exemple chez le cobaye, que le tissu adipeux se développait par hyperplasie de la sixième à la douzième semaine au cours de sa première année, alors que chez le rat il était constaté une augmentation de la taille des adipocytes, donc une hypertrophie de la sixième à la seizième semaine. Par la suite, pendant le développement de l’animal, la taille des adipocytes augmente de façon proportionnelle. Chez l’homme, peu d’études ont été réalisées mais certaines constatations ont été faites :

  • Pendant l’année qui suit la naissance, la prolifération des cellules adipeuses est rapide et peut tripler. On pense que la grande majorité de ces cellules présentes à la naissance se forment au cours du dernier trimestre de la grossesse.
  • Après cette première année, la taille et le nombre des adipocytes augmentent régulièrement jusqu’à l’âge de 10 ans.
  • Après l’âge de 13 ans, pendant l’adolescence, le nombre et la taille continuent d’augmenter jusqu’à l’âge adulte; cette augmentation est faible par la suite.

En résumé, on peut distinguer trois périodes particulièrement importantes au cours desquelles le nombre des adipocytes augmente de façon significative :

  • Pendant les trois derniers mois de la grossesse.
  • Pendant la première année
  • Lors de l’adolescence

À l’âge adulte, il n’y aurait peu ou pas de modifications, exceptions faite pour le passage d’une obésité modérée à une obésité morbide. Les causes influant sur le développement du tissu adipeux restent encore mal connues, cependant certaines habitudes alimentaires et l’activité physique jouent un rôle très important. Plusieurs études menées à ce sujet sont révélatrices. Trois groupes furent constitués. Le premier groupe fut soumis à un entraînement intensif (6h de sport par semaine), ce groupe avait libre accès à la nourriture. Deux autres groupes restèrent inactifs, l’un ayant également libre accès à la nourriture et l’autre étant rationné. Les résultats furent convaincants.

Le premier groupe augmente sa masse corporelle mais de façon moins importante que les rats inactifs et bien alimentés. Cependant, le taux de tissu adipeux de ces derniers était quatre fois supérieur à celui du premier groupe. Les rats inactifs et rationnés avaient un taux de graisse inférieur à celui des rats inactifs mais bien nourris, la restriction alimentaire entraînant même une réduction du nombre et de la taille des adipocytes. L’observation des adipocytes chez les rats actifs et les rats inactifs mais bien alimentés révéla que ces cellules étaient moins nombreuses et moins grosses chez le groupe actif, même pour un poids de corps égal. La prévention précoce de l’obésité grâce à un programme diététique, et l’entraînement physique (et non la correction d’une obésité déjà installée) est la méthode la plus efficace pour lutter contre l’adiposité chez les adultes et les adolescents.

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