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Une étude prouve que la mémoire musculaire se développe dans l’ADN

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Une nouvelle étude scientifique 1 révèle que les muscles « se souviennent » de leur croissance !

Ça arrive tout le temps. Tu tapes ton code de carte bancaire sans même y penser. Tu ne peux pas te souvenir des accords d’une chanson, mais tes mains les jouent quand même. Tu n’as pas pratiqué de sport depuis une éternité, mais d’une certaine façon, ton corps se souvient encore de la façon dont on s’y prend.

On appelle ça la mémoire musculaire, mais on ne savait pas vraiment jusqu’à récemment comment elle fonctionnait.

La mémoire musculaire est en fait un type d’apprentissage moteur, un type de mémoire procédurale qui consiste à consolider une certaine tâche (consciemment ou inconsciemment) jusqu’à ce que tu puisses le faire presque automatiquement.

Parfois, la mémoire musculaire donne l’impression que le corps fonctionne sans réfléchir. Mais ce n’est pas tout !

Pour la première fois, une étude a prouvé que les muscles humains possèdent également une « mémoire » de la croissance antérieure, et ce processus se produit au niveau de l’ADN.

Les auteurs de l’étude expliquent dans la prestigieuse revue Nature :

« Nous avons démontré que les gènes dans le muscle peuvent se libérer de ces informations épigénétiques lorsqu’ils se développent à la suite d’un effort dans le passé. Il est important de noter que ces gènes ne sont pas affectés même lorsque nous perdons de nouveau du muscle, mais que ce processus aide à « changer » le gène dans une plus grande mesure et est associé à une plus grande croissance musculaire en réponse à un effort effectué plus tard dans la vie. »

Qu’est-ce que l’épigénétique ?

L’épigénétique, un terme assez étrange, signifie grosso modo « à l’extérieur » ou « au-dessus » de la génétique. En général, il décrit l’effet des changements externes ou environnementaux sur l’ADN.

Dans ce cas, cela ne signifie pas que l’ADN est en train de changer ou de muter, bien qu’il s’agisse d’une modification de la façon dont les gènes s’expriment ou se comportent, pour ainsi dire.

L’épigénétique consiste en fait à activer ou désactiver des gènes. Elle peut expliquer la mémoire cellulaire, en ce sens qu’une expérience physique vécue par une cellule peut être « mémorisée », chimiquement parlant.

Cela a des implications importantes pour les athlètes, surtout pour ceux qui se remettent d’une blessure musculaire.

Pour les athlètes dopés, cela pourrait signifier que l’interdiction d’utiliser des stéroïdes pour la croissance musculaire pendant un an ou deux ans n’est tout simplement pas assez longue. Comme les effets persistent à long terme, l’interdiction devrait aussi être de longue durée, selon les chercheurs.

« Si un athlète de haut niveau prend des substances pour augmenter sa masse musculaire, ses muscles garderont en mémoire cette croissance musculaire antérieure. Si l’athlète est pris en flagrant délit et qu’il prend une suspension, il se peut que cette interdiction de courte durée ne soit pas suffisante, car il peut continuer à être avantagé par rapport à ses concurrents, même s’il n’en prend plus, parce qu’il a pris des stéroïdes plus tôt dans sa vie. »

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