Cupping thérapie : se soigner ou se soulager grâce à la ventousothérapie

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Si tu as regardé ce dimanche 7 août 2016 le relais 4×100 m libre masculin des Jeux Olympiques de Rio, tu as surement dû remarqué des traces de cupping : des cercles rouges sombres couvrant le corps de Michael Phelps, le sportif le plus médaillé de l’histoire des Jeux olympiques. De nombreux autres athlètes comme le gymnaste Alexander Naddour par exemple sont aussi marqués de ces ronds violacés.

Que sont ces marques rouges couvrant le corps de ces sportifs ?

C’est tout simplement le résultat d’une méthode de récupération, le cupping, dont beaucoup ont recours pour (principalement) soulager la tension dans les muscles. La technique repose sur des ventouses en verre, bambou ou faïence qui tirent la peau, et détendent les muscles ainsi que les tendons, contrairement à un massage où ils seraient pressés. Cette méthode est utilisée depuis des milliers d’années dans de nombreuses civilisations. Nous verrons dans cet article qu’est ce qu’est le « cupping » avec son origine, son fonctionnement et ses bienfaits potentiels pour les sportifs.

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Une origine ancestrale lointaine

Si tu es déjà allé en Chine, tu n’as surement pas dû être surpris par les images du dos de Michael Phelps, car on y croise régulièrement dans les rues, les transports en commun, et dans tout autre lieu public, de nombreuses personnes avec ces taches rouges circulaires principalement sur le dos. Le « cupping » est en effet largement utilisé en Médecine Traditionnelle Chinoise (M.T.C.) depuis plusieurs siècles pour soulager les douleurs 1. Lors de mes voyages en Chine, j’avais vu de très nombreuses personnes arborer ces tâches qui je le savais, étaient la conséquence d’une « méthode pour calmer les douleurs » en utilisant des ventouses sur la peau. Mais j’étais loin de me douter que son utilisation pouvait être déviée en une sorte de dopage physiologique par les sportifs.

Citées par Hippocrate (460-377 av. J.C.) dans « L’art de guérir », cette méthode fut aussi utilisée par les Grecs, les Indiens, les Arabes, et en Europe jusqu’au 20ème siècle. Selon un dicton chinois : « Acupuncture et ventouses soignent plus de la moitié des maladies ».

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« Le Cupping est un excellent outil de récupération » déclare photo à l’appui, sur son compte Instragram le nageur Biélorusse Pavel Sankovich.

Qu’est-ce que le cupping et comment ça marche ?

Il existe trois types de thérapie par ventouse qui portent différentes appellations selon les régions du monde : cupping, hijama, ventousothérapie et dans la médecine Chinoise c’est 拔罐 (prononciation : Báguàn).

La plus courante est la thérapie par ventouses sèches qui consiste à produire une pression négative dans une petite cloche appliquée sur la peau telle une ventouse. Cette pression négative est déclenchée soit avec une aspiration directe de l’air (à froid), soit avec la chaleur créée par flambage d’un petit tampon imbibé d’alcool (à chaud). Le vide qui est induit tire la peau et les vaisseaux sanguins en direction du récipient, ce qui explique pourquoi des marques peuvent rester sur la peau, comme lorsque l’on te fait un gros suçon.

La deuxième forme de cupping est celle que l’on appelle thérapie par ventouses humides. Même principe que les ventouses sèches sauf que l’on procède à des petites incisions ou scarification sur la peau à des points bien précis du corps humain afin d’extraire un peu de sang.

La troisième variante du cupping est appelée ventouses mobiles qui s’apparente à une un massage énergisant très efficace pour la relaxation musculaire.

En dehors des potentiels bienfaits thérapeutiques, le cupping est utilisé par les sportifs pour aider à activer le système lymphatique et favoriser la circulation sanguine. Cette congestion localisée réduit la douleur, accélère la récupération des muscles fatigués et améliore la réparation des tissus profonds.

Le Dr. Charles Kim 2, spécialiste en médecine de réadaptation du Rusk Rehabilitation Center à New York déclare que l’on peut voir cette technique comme une blessure contrôlée qui encourage le corps à guérir plus rapidement les zones ciblées.

Les endroits traités par ces petites ventouses prennent une couleur violette à rouge foncé qui peuvent être visible pendant plusieurs jours.

Une communauté scientifique sceptique

Hormis les nombreuses études de médecine chinoises, il y a très peu d’études scientifiques de médecine occidentale qui ont analysé les bienfaits de cette méthode.

Un compte rendu datant de 2012 3 évoque un potentiel effet curatif du cupping contre les bardeaux, de petites cloques provoquées par le zona. Concernant tous les autres bienfaits, et il y en a potentiellement des dizaines*, le rapport indique que les centaines d’études chinoises sont jugées de faible qualité méthodologique et que plus de recherche est nécessaire. Malgré cela, les athlètes qui utilisent cette thérapie alternative ne jurent que par elle. « Cela a été le secret que j’ai eu, qui me maintient en bonne santé « , a déclaré le gymnaste Alexander Naddour lors d’une interview pour USA Today. Quant à Phelps, il déclare utiliser le cupping pour détendre ses muscles.

*le cupping est utilisé dans la médecine Chinoise pour traiter ou réduire les douleurs de beaucoup de pathologies, qu’elles soient respiratoires, rhumatismales, liées à de l’arthrose, une névralgie, une sciatique, des problèmes dermatologiques, digestifs, gynécologiques et même dans les cas de maux de tête ou de migraines à répétition. Bien sûr, les tendinites, entorses et la plupart des blessures sportives pourraient être traité.

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Alexander Naddour, gymnaste américain au JO de Rio 2016

Mikael Berthommier, préparateur physique professionnel a recourt à cette technique 4 dans des circonstances précises: pour des tendinopathies ou des épicondylites, les inflammations musculaires de l’avant-bras, fréquente chez les tennismen, mais aussi avec les sportifs victimes de tendinite du fascia lata, aussi appelé syndrome de la bandelette ilio-tibiale ou syndrome de l’essuie-glace.

Une étude menée en 2012 5 par l’Université de Duisburg-Essende en Allemagne, a étudié 61 personnes souffrant de douleur chronique au cou. Les chercheurs ont étudié les effets du cupping par rapport à une technique de relaxation musculaire progressive (progressive muscle relaxation). À la fin de 12 semaines de traitement, les deux groupes de patients ont signalé des réductions de leurs douleurs. Néanmoins, les patients qui avaient eu recourt aux ventouses (cupping) avaient des scores plus élevés sur les mesures de bien-être, et ressenti moins de douleur lorsque qu’une pression été appliquée sur une zone sensible. Malgré cela, les chercheurs ont noté que d’autres études étaient nécessaires pour déterminer les avantages potentiels de cupping.

Une autre expérience menée en 2012 6 à la Charité University Medical Center, à Berlin en Allemagne a étudié 40 patients souffrant d’arthrite du genou. Au bout de quatre mois de traitement cupping, les personnes ont constaté une diminution des douleurs par rapport aux personnes souffrant d’arthrite dans un groupe de contrôle. Mais comme le groupe « cupping » savait qu’il était traité, les chercheurs ont conclu que d’autres études étaient nécessaires, car on ne pouvait pas savoir si la diminution de la douleur était due à un effet placebo.

Une autre étude 7 parue en 2014 de l’Université de médecine chinoise de Beijing suggère un « potentiel effet positif à court terme » sur la réduction de l’intensité de la douleur, par rapport à l’absence de traitement, la thérapie par la chaleur ou des médicaments classiques contre la douleur.

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Déjà aux JO de Pékin en 2008

Déjà remarquée sur certains athlètes au JO de Pékin en 2008, cette méthode a été adoptée par de nombreux sportifs du monde entier (très peu en France où l’on semble en retard) depuis plusieurs années (la grande majorité de l’équipe de baseball des Mets de New York, le rugbyman des All Blacks, Sonny Bill Williams…). Les nageurs Michael Phelps ou Nathan Adrian étant torse nu lors de leurs épreuves, tout le monde a pu observer leurs traces. Mais d’autres athlètes y ont recours, sauf que la plupart du temps, les marques sont situées sous un kimono, un maillot, un justaucorps, etc. et donc peu visibles. Et toi ? Serais-tu prêt à te faire ventouser pour avoir une meilleure récupération musculation et/ou pour soigner une blessure ?

jimmy-thai

Rédigé par

Fondateur de Espace-Musculation.com

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