Le colostrum bovin

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Parce que c’est le premier lait maternel qu’une mère donne à son enfant peu de temps après la naissance, le colostrum est par essence la toute première chose que nous avalons. Bourré d’hormones anabolisantes, de facteurs de croissance, de protéines et d’anticorps, le colostrum est un aliment très spécial : rien n’est meilleur pour favoriser la croissance et la santé chez l’être humain dans les premiers jours de sa vie. En fait, des études ont montré à plusieurs reprises que les nourrissons se développent bien mieux avec le colostrum qu’avec les laits maternisés du commerce. L’industrie des suppléments a remarqué le colostrum, en particulier le colostrum bovin des vaches, un produit laitier qui présente les mêmes propriétés que le colostrum humain. Ce colostrum bovin pourrait-il aider un sportif adulte à prendre du volume ou à améliorer ses performances ?

Des effets anabolisants ?

Toutes sources confondues, le colostrum est nourrissant, y compris en protéines, en glucides, en lipides, en vitamines et en minéraux. Il contient aussi des facteurs de croissance, des hormones anabolisantes et des anticorps, environ 100 fois plus que le lait de vache ordinaire. Le colostrum contient en particulier de l’IGF-1 et de l’IGF-2, qui favorisent les effets de croissance musculaire engendrés par l’hormone de croissance (GH), en particulier l’IGF-1, plus puissante et plus commune. La plupart des bienfaits anabolisants de l’IGF-1 sont ciblés sur les tissus maigres non contractiles (les tendons, les ligaments et les protéines intestinales), et non sur les muscles actifs, mais ses effets sont cependant considérés comme pertinents pour le développement musculaire.

Le colostrum augmente-t-il vos niveaux d’IGF-1 ?

Peut-être, mais pas parce qu’il contient des hormones anabolisantes. En tant que molécules protéiniques, les hormones peptidiques telles l’IGF-1 sont trop grosse pour être absorbées telles quelles par l’adulte (elles ne peuvent pas traverser la paroi intestinale), et sont de toute façon très rapidement digérées par les enzymes de l’estomac et des intestins, exactement comme du blanc d’oeuf. Par conséquent, chez l’adulte, les hormones anabolisantes du colostrum ne sont pas censées atteindre le sang sous une forme utilisable. Les bébés peuvent assimiler les hormones anabolisantes du colostrum tout simplement parce que la paroi de leurs intestins possède des petits trous qui permettent à ces protéines de passer dans la circulation sanguine. D’autre part, l’estomac des nouveau-nés produit beaucoup moins d’acide destructeur de protéines que celui des adultes.

Résultat : on peut dire que le colostrum est une source directe d’hormones anabolisantes pour les enfants nourris au sein, mais pas pour les bodybuilders. Malgré cela, cette étude 1 a montré que le colostrum avait provoqué une élévation légère et progressive des niveaux d’IGF-1 dans le sang chez neuf hommes pratiquant activement le sprint et le saut, sur une période de huit jours. Parce que ces athlètes étaient visiblement en super forme et qu’ils ont déclaré ne pas prendre de médicaments ou quelque supplément que ce soit, ces résultats pourraient s’appliquer aussi bien à d’autres athlètes de haut niveau, y compris les pratiquants de la musculation.

Les effets positifs dépendent-ils de la durée ?

Le colostrum n’augmente peut-être pas de façon certaine les niveaux d’hormones anabolisantes chez l’adulte, mais d’autres données suggèrent que le supplément à base de colostrum bovin appelé Intact (une poudre de protéine de colostrum bovin concentré, pauvre en lipides et en lactose) pourrait avoir des effets positifs sur les performances si l’on administre des doses suffisamment importantes sur une durée assez longue. Par exemple, on a montré qu’une dose quotidienne de 60 g d’Intact prise pendant huit semaines augmentait l’endurance à la course. Trente-neuf hommes âgés de 18 à 35 ans ont suivi un programme d’entraînement à la course de huit semaines, composés de 3 courses de 45 minutes par semaine au seuil de lactate, un niveau assez élevé d’intensité aérobique. On a donné 60 g de colostrum par jour à la moitié d’entre eux, et 60 g par jour d’un placebo (de la whey) à l’autre moitié. Cette fois, on a clairement montré que le colostrum n’avait aucun effet sur les taux d’IGF-1. Bien que le colostrum n’ait eu aucun effet sur les performances pendant les 4 premières semaines, les performances se sont cependant améliorées chez ceux ayant reçu du colostrum entre la 4ème et la 8ème semaine, alors qu’elles ont plafonné chez les sujets ayant reçu le placebo. Avec huit semaines de doses quotidiennes élevées, on peut donc atteindre une amélioration des performances en endurance grâce à une supplémentation en colostrum. Malgré cela, ce sont des résultats préliminaires et en quelque sorte informels, et ils n’ont pas été soumis à la rigueur d’une contre expertise scientifique.

Ce qu’il faut retenir

Le colostrum est fortement anabolisant pour les nourrissons, bien plus que le lait normal ou le petit-lait, par exemple. Pour cette raison, certains scientifiques espèrent qu’il y aura les mêmes effets chez les sportifs adultes et les bodybuilders. C’est vrai, certaines preuves récentes vont dans ce sens, suggérant aussi par ailleurs des effets positifs sur les performances lorsqu’on administre à forte dose aux athlètes pendant plusieurs semaines. Cependant, si les effets anabolisants et/ou les effets sur les performances du colostrum se confirment, ce ne sera pas à cause de l’IGF-1 ou des peptides anabolisants. Ces hormones digestes ne peuvent pas traverser la paroi de l’intestin chez l’adulte, et le colostrum n’augmente pas les taux de sérum d’IGF-1 chez les sportifs de façon certaine. Même si les peptides anabolisants ne sont pas disponibles à travers le système digestif de l’adulte, le colostrum, tel qu’il est vendu par les fabricants de compléments alimentaires sportifs, est riche en protéines et peut-être aussi en d’autres éléments nutritionnels qui pourraient se révéler utiles aux sportifs. Ceci pourrait expliquer les résultats excitants que certains laboratoires obtiennent actuellement avec ce supplément, bien que de nouvelles preuves soient nécessaires pour définir précisément quels bienfaits potentiels peut apporter le colostrum.

Concernant les risques et les dangers liés à la consommation de colostrum, aucun problème n’a été signalé.

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