Circulation sanguine et musculation

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Tant au membre supérieur qu’au membre inférieur, la circulation veineuse est assurée de la périphérie au coeur, c’est le retour veineux. On peut distinguer un réseau superficiel et un réseau profond (au sein des masses musculaires). Le propos n’est pas de faire un cours d’anatomie, mais plutôt d’insister sur la notion d’interaction muscle veine, favorisant dans un premier temps par contiguïté et contraction le retour veineux (phénomène de la pompe) et, dans un second temps, limitant ce retour par compression exagérée (oedème d’effort, contraction prolongée, hypertrophie). Une autre notion importante est la présence de valvules le long du trajet veineux, valvules en forme de capsules, dont la convexité se situe à l’opposé du courant sanguin. Elles se ferment donc automatiquement en cas de retour du sang vers la périphérie, évitant ainsi les ennuis de ce système sanguin à basse pression.

Mécanismes de l’adaptation

En étudiant de nombreux sports, qui nécessite le maintient de l’activité cardiaque à un niveau assez élevé, et ceci, pendant un laps de temps relativement long, il est facile de penser que le système veineux doit s’adapter à cette surcharge, d’autant plus que les efforts sont répétés et quotidiens le plus souvent.

Ainsi, il a été constaté une augmentation au sein du réseau périphérique, correspondant de quatre à cinq fois au volume hématique basal dans l’unité de temps. Pour atteindre ce but, il est nécessaire de constater l’élargissement du calibre des vaisseaux. Celui-ci s’accompagne d’une augmentation du tonus de la paroi afin de conserver intact le gradient de pression entre la périphérie et l’oreillette droite, assurant ainsi un retour veineux adéquat. Les modifications morphologiques et fonctionnelles, découlant donc de cette pratique sportive, doivent être interprétées comme un phénomène physiologique d’adaptation. Elles doivent être recherchées chez l’athlète ayant effectué leur entraînement depuis quelques mois avec une intensité de travail musculaire élevée.

Localisation particulière de ces phénomènes

Thoracique

La simple lecture d’un cliché thoracique de face met en évidence de façon très nette une augmentation du calibre des vaisseaux du hile pulmonaire, ainsi que d’une cardiomégalie. Cet accroissement de la circulation permet une certaine réserve de volume, ainsi que des augmentations rapides du débit cardiaque au début de l’activité sportive.

Les membres

L’inspection suffit en elle-même. L’accroissement de la circulation veineuse superficielle est notable à l’oeil ni. Les vaisseaux concernés ont un cours rectiligne, un calibre plus important, les collatérales sont elles aussi nettement augmentées de volume. De plus, il a été mis en évidence un accroissement de la micro-circulation de perfusion des tissus et des masses musculaires concernées par l’activité sportive pratiquée.

Et les varices ?

En aucun cas, ce phénomène ne doit être ramené aux processus des ectasies variqueuses. En effet, l’élargissement du calibre du réseau veineux ne comporte aucune altération, ni des appareils valvulaires, ni de la structure de la paroi. De surcroît, aucune manifestation d’insuffisance de la circulation veineuse n’est à constater. Il faut ajouter que la fréquence de la symptomatologie variqueuse chez le sportif est très faible (inférieur à 5%).

En ce qui concerne la pratique du bodybuilding, il faut tout de même se méfier. La fréquence des processus variqueux est importante et a une genèse physiopathologique. En effet, la pratique de cette activité sportive est caractérisée par la contraction explosive de grandes masses musculaires et la nécessité de conserver une tension élevée dans le temps. De plus, la position des membres inférieurs lors de l’effort ajoute un obstacle au flux sanguin de retour et donc une augmentation considérable de la pression dans la circulation veineuse. Donc, toutes les conditions pour une surcharge fonctionnelle sont réunies : accroissement de pression, de volume et obstacle au retour du système profond. Certes, il ne faut pas dramatiser la situation, mais pour les personnes souffrant de troubles d’insuffisance veineuse ou ayant des antécédents familiaux, certains conseils sont à respecter:

  • Surélévation des pieds du lit.
  • Massage centripète doux des jambes.
  • Douche froide le soir.

Il faut constater que la symptomatologie variqueuse prend chez les pratiquants de la musculation un aspect nettement plus douloureux et plus gênant que d’habitude. L’aspect disgracieux est plus net du fait que l’hypertrophie musculaire sous-jacente et la réduction du tissu cellulaire de soutien. Il faut alors s’orienter vers un traitement préventif des sujets prédisposés.

De toute façon, ceci ne concerne qu’une faible proportion de la population sportive. On ne doit pas s’inquiéter face à un réseau superficiel très développé, correspondant aux zones musculaires les plus hypertrophiées. C’est dans la plupart des cas, une réaction physiologique.

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