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Reprendre le sport après 40 ans

Après une interruption d'activité de trois semaines, il faut deux mois pour retrouver l'état antérieur. Ce qui veut dire que lorsqu'on arrête vingt ans, le corps se trouve dans un état de délabrement avancé et que dans ces conditions, il n'est pas possible, sans risque de le voir tomber brutalement en panne, de le considérer comme un aspirateur que l'on branche à volonté. Tout arrêt nécessite une remise en condition progressive que l'activité sportive antérieure ait été intense ou non.

Repartir de zéro

En pratique, on peut rencontrer, dans une salle d'attente de médecin du sport, deux types de sportifs de 40 ans. Celui qui n'a jamais arrêté de faire du sport ne pose pas de problème majeur. Il a un organisme entraîné. Seule chose à ne pas transgresser : adapter constamment ses ambitions sportives à ses possibilités physiques qui diminuent, lentement certes, mais progressivement à partir de 40 ans. Le deuxième, le plus fréquent, est le sportif tardif. Il en existe deux spécimens bien distincts.

Celui qui auparavant, n'a jamais fait de sport. Ayant un peu de temps libre à la quarantaine, il se préoccupe d'avoir une activité physique. Avant de commencer, il est indispensable d'évaluer le fonctionnement cardiovasculaire, celui qui pose, au plan de l'espérance de vie, le plus de problème. Ensuite, proposer une activité type endurance, c'est-à-dire aérobie, en liberté d'oxygène, sans essoufflement intense (ski de fond, marche rapide, natation, course à pied, etc.) En réalité, ce sportif tardif est généralement docile, suit les conseils et n'est pas esclave du chronomètre.

Le deuxième sportif sur le retour se caractérise par une mobilisation musculaire effectué jusqu'à l'âge de 20 ans, puis abandon de l'activité physique pendant une vingtaine d'année, enfin reprise à 40 ans. Les risques sont importants, car ce type de vétéran, lui, est esclave du chronomètre. Il va vouloir retrouver les performances de sa jeunesse mais malheureusement, les possibilités de l'organisme ont baissé et surtout les effets de la pratique sportive ont disparu depuis longtemps. Chez cet "ancien nouveau sportif", il faut repartir à zéro par un entraînement régulier et progressivement ascendant.

L'état des lieux

Dans tous les cas avant de se lancer dans le reconquête de son corps, il est déterminant de faire sans complaisance "l'état des lieux". Pour que l'activité physique soit réellement un élément de santé et non pas l'accélérateur ou le révélateur d'une insuffisance physiologique, il importe d'en gommer les "facteurs de risque" liés à la sédentarité : hypertension artérielle, "mauvais cholestérol", overdose de tabac et d'alcool, excédent de poids... Ces facteurs de risque peuvent être directement constatés par le sujet s'il ne triche pas avec sa conscience mais ils doivent être complétés par un examen médical approfondi chez un médecin compétent en matière sportive de préférence. L'essentiel de ce check-up doit porter sur la vérification du coeur, principale cible des agressions de la vie moderne. Cette appréciation de l'état cardiaque se fait à partir d'un électrocardiogramme d'effort, seul capable de déceler un risque d’infarctus lequel constitue le danger majeur qui guette un "sportif d'occasion". Ce bilan sera complété par des analyses sanguines. Avec ces différentes sources d'information, le médecin peut constater l'existence éventuelle de facteur de risque. Si tel est le cas, il pourra faire procéder à des examens complémentaires orientés dans la direction du facteur incriminé.

Si l'on respecte les contre-indications ou tout au moins, si en fonction de facteurs de risque, on accepte certaines prescriptions de modération adaptées à son état physique du moment, il n'y a pas de raison pour que le sport soit considéré comme devant avoir des effets dangereux. A condition de se soumettre à cet indispensable bilan de santé (ensuite, une fois par an minimum), de réduire ses facteurs de risque et de pratiquer régulièrement une activité physique sans solliciter excessivement l'organisme, on peut commencer à en toucher les dividendes : coeur plus fort et au rythme de repos plus lent, meilleure circulation sanguine, utilisation des graisses et des sucres améliorée sans parler du bien être pendant et après l'exercice et de l'espérance de vie notoirement accrue.